Voici quelques extraits de l’article du Jérusalem Post sur Jabotinsky.

Nous sommes en 1937. L’Europe compte 9,5 millions de juifs, dont beaucoup prêts à venir s’installer en Israël, selon Jabotinsky. Six millions d’entre eux vont cependant périr assassinés lors du génocide nazi.

Mon cœur saigne pour vous

Huit mois après l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne, l’establishment sioniste socialiste rejette l’appel de Jabotinsky au boycott économique tous azimuts de l’Allemagne. Le 25 août 1933, il lance le programme de la Haavara pour le transfert des biens juifs de l’Allemagne nazie en Palestine. En ces jours d’avant-guerre, les nazis veulent, avant tout, débarrasser l’Allemagne de ses juifs, et sont prêts à faciliter l’émigration en Palestine dans un système qui permet le transfert des juifs et leur capital, sous la forme de biens d’exportation allemands. L’arrangement sape le boycott des produits allemands, mais facilite l’arrivée de quelque 60 000 juifs en Palestine.Jabotinsky œuvre sans relâche pour favoriser l’évacuation massive des juifs d’Europe – qui devrait s’étaler sur une période de 10 ans pense-t-il initialement – en collaboration avec différents gouvernements européens, en particulier la Pologne. Mais finalement, l’Europe refuse de se mettre à dos la Grande-Bretagne, qui, en réponse à la colère arabe, réduit drastiquement l’immigration juive en Palestine. Hitler, de son côté, avance plus vite et plus diaboliquement que dans le pire cauchemar de Jabotinsky.

Un visionnaire

S’adressant en yiddish à un auditoire de Varsovie, lors de Ticha BeAv, le 7 août 1938, Jabotinsky lance un avertissement étrangement prémonitoire à la communauté juive polonaise : « Je ne cesse de vous mettre en garde : la catastrophe approche… Mon cœur saigne pour vous, chers frères et sœurs, car vous refusez de voir le volcan sur le point de cracher sa lave dévorante. Je sais que votre aveuglement vient du fait que vous êtes immergés dans vos soucis quotidiens.

Aujourd’hui, cependant, je requiers votre confiance. Vous savez que mes pronostics se sont avérés exacts. S’il en est autrement, faites-moi donc sortir. En revanche, si vous ajoutez foi à mes paroles, écoutez-moi en cette heure ultime. Au nom de Dieu ! Que chacun d’entre vous sauve sa vie tant qu’il est encore temps. Et du temps, il n’en reste guère… »