Le CRIF ne veut pas du RN à la marche contre l’antisémitisme. Le CRIF a évidemment le droit de critiquer le RN. Il a évidemment le droit de changer de ne pas vouloir être juste à côté du RN. Mais il n’a pas le droit de se donner une représentativité qu’il n’a pas : il ne représente pas la majorité des Français juifs, ni évidemment les Français non juifs.
Se pose aussi la question du deux poids, deux mesures : nous n’aimons pas nous non plus Axel Loustau ou Bruno Gollnisch ; mais nous n’aurions pas invité, à la différence du CRIF, un Fabien Roussel, cosignataire d’une résolution qui accuse Israël d’« Apartheid » et demandant la légalisation du boycott des produits israéliens.
Pour rappel, en 1967, le CRIF (il est vrai autrement dirigé) n’avait vu aucun problème à ce que la manifestation de soutien à Israël mêlât aussi bien des figures de la gauche non communiste, comme Jean Pierre-Bloch, du centre, comme André Monteil, de la frange pro-israélienne du gaullisme, comme Alexandre Sanguinetti, et de l’extrême droite, comme Jean-Louis Tixier-Vignancourt. Non pas que Tixier-Vignancourt ait été pardonné pour son passé ; mais simplement, on prenait acte de ses positions présentes.

Le Collectif