Le 9 octobre dernier, non loin de Sarcelles, Muriel s’est couchée tôt, comme d’habitude (elle travaille dans le secteur des Ehpad, et se lève habituellement à 4h du matin). A cause de la chaleur, elle a laissé ouverte la fenêtre de sa chambre, qui donne sur le parvis d’une charmante église.

Vers 22h30, elle est réveillée par de cris provenant de ce même parvis. Trois jeunes hommes (entre 15 et 18 ans, vêtus de jogging) mangent des pizzas et boivent des cannettes très bruyamment. Plusieurs fois Muriel leur demandent de se taire, à quoi elle se voit répondre : « ta gueule ». A la troisième remarque de Muriel, ils lui lancent finalement: « Allah Akbar, on va te crever, sale pute de juive. »

Muriel n’est pourtant pas juive. Alors pourquoi une telle insulte ? Sans doute parce que le conflit israélo-palestinien a éclaté la veille et « parce que j’habite à côté d’une petite communauté juive, qui possède notamment une synagogue », explique Muriel.

Dans ce quartier, qu’elle qualifie pudiquement de « cosmopolite », Muriel n’avait jamais été insultée de la sorte. « Ca ne devrait pas s’arranger avec ce qu’il se passe » déplore-t-elle.

Face aux injures des trois voyous, Muriel (qui n’est pas du genre à se laisser faire) leur répond finalement: « je vais descendre et vous mettre une balle dans la tête ». Les trois jeunes hommes décampent, tout en criant « allah akbar ».

Le lendemain matin, Muriel constate que la façade de son immeuble a été visé par des jets d’œufs. Elle a porté plainte. Muriel attend la retraite pour pouvoir déménager dans un coin tranquille, loin de la banlieue parisienne. Elle a accepté de témoigner en vidéo.