Le président d’une association juive fait pression pour faire dépublier un article .. contre un acte antisémite.

Refusant d’être cité dans un article sur une plainte pour antisémitisme, aux côtés d’un collectif qu’il juge d’extrême droite, le président d’une association juive, a fait pression sur une journaliste, juive elle aussi, afin qu’elle retire un article qu’elle avait publié dans un journal d’informations juif.
Un collectif de lutte contre l’antisémitisme menant depuis des années une lutte contre les actes antisémite en France, avait informé l’avocat d’une association juive, d’un article qu’il estimait antisémite. A la suite de cette information, l’avocat a déposé plainte.
Une journaliste a publié un article sur cette plainte. Elle a mentionné comme ayant contribué à cette action, d’une part l’association juive dont faisait partie l’avocat, d’autre part le collectif qui lui avait initialement transmis l’information sur la publication.
Quelques temps auparavant, l’avocat avait proposé au président de l’association et à la journaliste un rendez vous autour d’un verre : il aurait été question de la possibilité de publier des communiqués de presse de l’association dans le journal de la journaliste par exemple, pour promouvoir l’association. Mais la journaliste n’avait pas pu accepter ce rendez vous par manque de temps. On peut se demander son refus n’a pas irrité ce président d’association.
Quand elle a publié l’article citant la plainte, le président de l’association lui a demandé … de le retirer. Il a expliqué qu’il refusait que son association soit citée au côté du collectif qui avait découvert la publication objet de la plainte, car il estime que ce collectif est « dans le giron de l’extrême droite ». La journaliste retiré l’article le soir même. Mais le président a poursuivi sa pression en lui envoyant des messages, en lui téléphonant, pendant près de deux mois, pour lui reprocher de publier des informations provenant du collectif. Il lui affirmé qu’il connaissait le donateur du journal où elle travaillait et l’avait informé. Il lui a encore annoncé qu’il envisageait de faire « un communiqué de presse en précisant avec qui vous coopérez soit des personnes dans le giron de l’extrême droite contre qui nous combattons au même titre que les islamistes ».
Ces « personnes avec qui vous coopérez » étant les membres du collectif juif de lutte contre l’antisémitisme, ayant initialement transmis l’information à l’avocat de son association …
Ce président a encore affirmé à la journaliste que cet avocat aurait été « abusé » par le collectif. Apprenant cette accusation, l’avocat a alors cessé sa contribution avec l’association, en démentant en ces termes : « je n’ai été abusé par personne. J’ai quitté l’association en raison même de cette allégation qui voudrait que j’aurais été abusé. C’est faux. Ma démarche fut intègre en tous points. »
Il est plus que regrettable qu’une journaliste ayant contribué à faire connaitre une plainte pour des faits soumis à la justice, afin de lutter contre l’antisémitisme, subisse ainsi des pressions, dont l’annonce qu’elle serait peut être désignée au public comme étant dans l’orbite de l’extrême droite, avec tout ce que cette désignation implique, … uniquement en réalité, pour avoir cité le collectif ayant initialement découvert et fait connaitre à un avocat juif, les faits faisant l’objet de la plainte.
@ Colvigi