
Yvan Benedetti est l’héritier déclaré de Jeune Nation (groupe néofasciste dissous en 1958) et de l’Œuvre française (organisation demi-clandestine, interdite en 2013, nostalgique de Vichy et de la collaboration).
Que nous dit-il dans cette vidéo ? Il répète encore une fois qu’il s’inspire de Maurice Bardèche. Bardèche se définissait comme « un écrivain fasciste » et fut le premier auteur négationniste en France, dès 1948.
Yvan Benedetti nous affirme ensuite que l’immigration en France, et plus généralement en Europe, est voulue par « le Congrès juif mondial », des représentants et ses affidés. Rien de neuf : c’était déjà la thèse du congrès de Malmö, réunion de néofascistes et de néonazis, en 1951.
Il dit, de même, que le sigle « RF » devrait être développé en « Rothschild Frères », plutôt qu’en « République française ». Cette obsession pour la famille Rothschild, cette façon de leur prêter un pouvoir qu’elle n’a pas, remonte, chez les antisémites français, au XIXe siècle (Édouard Drumont et même avant lui). BNP-Paribas et le Crédit agricole sont des banques bien plus importantes, mais elles ne suscitent pas tant de fantasmes…
Une incongruité pour finir : selon Yvan Benedetti, Charles de Gaulle n’acceptait pas de Juifs à sa table avant 1940. C’est inexact. Il était marqué par les préjugés de son milieu (on l’a encore vu pendant la guerre des Six jours…), mais, dès les années 1930, il était très ami avec un colonel juif, Émile Mayer.
